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Le Brésil confie sa diplomatie genevoise à un proche de Mauro Vieira

RédactionPublié le 30 août 2026 · 5 min de lecture
Vieira

Ricardo de Souza Monteiro a pris ses fonctions de représentant permanent du Brésil auprès des Nations Unies à Genève. Ancien chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères et économiste de formation, il arrive au moment où plusieurs dossiers commerciaux majeurs reviennent au centre des négociations genevoises.

Le Brésil a un nouveau visage à Genève. Ricardo de Souza Monteiro a présenté, le 10 août, ses lettres de créance à Tatiana Valovaya, directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève. Il prend ainsi la tête de l’importante mission permanente brésilienne auprès de l’ONU et des autres organisations internationales installées dans la ville.

Le choix de Brasilia n’est pas anodin. Depuis 2023, Ricardo de Souza Monteiro occupait les fonctions de chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira, poste qui le plaçait au cœur de l’appareil diplomatique brésilien. Sa nomination à Genève intervient donc après trois années passées au plus près de la conduite de la politique étrangère du gouvernement brésilien.

Elle marque aussi le retour à l’étranger d’un diplomate disposant d’une longue expérience multilatérale. Entré dans la carrière diplomatique en 1994, Ricardo de Souza Monteiro a été ministre-conseiller à la mission du Brésil auprès des Nations Unies à New York entre 2017 et 2022. Il a également été en poste à Washington, Pékin, Buenos Aires et Londres.

Un profil particulièrement économique

À Genève, son parcours économique devrait retenir l’attention. Diplômé en économie de l’Université fédérale de Rio de Janeiro et titulaire d’un master en gestion de l’Université catholique de Louvain, le nouvel ambassadeur a occupé plusieurs responsabilités directement liées aux questions commerciales.

Il a notamment dirigé, entre 2009 et 2011, la division de l’agriculture et des matières premières du ministère brésilien des Affaires étrangères. Plus tôt dans sa carrière, il avait travaillé au sein des divisions chargées de la politique commerciale ainsi que des questions financières et de développement. Juste avant de rejoindre le cabinet de Mauro Vieira, il dirigeait encore, en 2022 et 2023, le département de la politique économique, financière et des services de l’Itamaraty.

Ce profil prend un relief particulier à Genève, siège de l’Organisation mondiale du commerce. Pour le Brésil, grande puissance agricole et acteur historique des négociations commerciales multilatérales, l’OMC constitue l’un des principaux théâtres diplomatiques de la ville.

Les dossiers ne manquent pas. Après la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, organisée à Yaoundé au mois de mars, plusieurs négociations restées inachevées sont revenues à Genève. Réforme de l’organisation, règlement des différends, agriculture, subventions à la pêche ou commerce électronique continuent désormais d’occuper les représentants permanents. Les discussions agricoles, qui n’avaient pas permis d’aboutir à un consensus ministériel au Cameroun, ont notamment repris en juillet.

L’agriculture, dossier stratégique pour Brasilia

Le Brésil y est particulièrement actif. Avant la conférence de Yaoundé, Brasilia s’était associé à plusieurs pays, parmi lesquels l’Australie, le Canada, la Colombie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et l’Uruguay, pour proposer l’ouverture d’un dialogue sur les nouveaux enjeux du commerce agricole.

La diplomatie commerciale brésilienne travaille également très concrètement à l’ouverture de nouveaux marchés. Lors de la réunion du Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l’OMC organisée à Genève en juin, les représentants des ministères brésiliens de l’Agriculture et des Affaires étrangères ont mené dix-sept réunions bilatérales avec leurs partenaires commerciaux afin de faire progresser plusieurs dossiers d’accès aux marchés pour les produits agricoles du pays.

Ricardo de Souza Monteiro retrouvera donc à Genève des sujets qu’il connaît de longue date. Mais son portefeuille sera évidemment beaucoup plus large. La mission brésilienne intervient également au Conseil des droits de l’homme, à l’Organisation mondiale de la santé, à l’Organisation internationale du travail et dans les nombreuses enceintes multilatérales dont Genève est le siège.

Son expérience de cinq années auprès des Nations Unies à New York apporte, de ce point de vue, une seconde dimension à son profil : celle d’un diplomate rompu aux négociations multilatérales, au-delà des seules questions économiques.

En envoyant à Genève un ancien chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères doté d’une forte expertise économique, Brasilia confie ainsi l’un de ses principaux postes multilatéraux à un diplomate expérimenté et directement relié au cœur de l’Itamaraty. À l’heure où les négociations commerciales entrent dans une nouvelle phase après Yaoundé, le choix apparaît particulièrement cohérent avec les enjeux qui attendent la mission brésilienne.